Bonjour tout le monde ,
Après un petit déjeuner offert par l'hôtel car compris dans le prix , je discute avec Otto , le réceptionniste de l'hôtel , il approuve ma destination de San Pedro qu'il trouve très belle , par contre , il me dit qu'avec Bicicleta , je vais mourir aujourd'hui, le lac est entouré de hautes montagnes et deux volcans , le passage pour aller à San Pedro est périlleux même en voiture, et je n'ai pas la niaque pour grimper de suite des cols impossibles, je prends mon vélo et je refais les 5 km pour retrouver le terminal de bus , toujours la même frénésie autour de cette gare . Pourtant, chacun retrouve ses petits , en une seule demande je trouve le coin des autobus en partance pour San Pedro La Laguna.J'ai une heure d'avance , j 'aide Pascual l'employé du chauffeur à monter Bicicleta et la remorque . La vue sur le terminal de la galerie du bus est saisissante . J'ai une heure pour baguenauder dans le marché et fouiner un peu..Il y a une rue réservée aux grossistes , les commerçants viennent s' y approvisionner et chargent ensuite leurs marchandises sur les autobus.
Le chauffeur est sympa , une conduite relativement " douce ", il respecte les autres usagers et le code de la route à la grosse louche.
Nous partons ,tous les sièges sont pris , nous sommes 2 par banquette , grand luxe de courte durée, au fur et à mesure que nous avançons , les femmes montent, chargées de cette grande écharpe de toutes les couleurs où elles mettent les courses du marché . A San Christobal Totonicapán un étranger monte , ça faisait bien longtemps que j'avais vu un visage Européen. A partir de cet arrêt , la route monte progressivement mais sûrement , nous allons mettre un peu plus de 3 heures pour faire les 80 km , ce ne sont que des routes avec des pourcentages impressionnants , l'autobus monte vaillamment, parfois je me dis que ce n'est pas possible nous ne passerons pas la prochaine côte , ça passe doucement ,mais ça passe . Il est temps que nous arrivions au sommet , nous sommes tellement chahutés, à 3 par banquettes maintenant , les fesses sont maltraitées, le calvaire va durer encore une heure pour toute la descente , la route est étroite , en très mauvais état et en travaux sur certaines portions , mais les gens ont un visage impassible , moi qui suis toujours en train de me plaindre , une belle leçon d'humilité . A un moment j'aperçois le lac, il est dans la brume , comme toutes les montagnes aux alentours. La descente est une prouesse de conduite , deux fois le bus fait une marche arrière pour passer un virage , les croisements avec un autre véhicule n'impressionnent pas le chauffeur ; on frôle le ravin sans ralentir...Nous passons les villages ,à Santa Clara La Laguna , il faut décharger une partie de la galerie du bus pour un commerçant qui était avec nous , il y a 4 ou 5 personnes qui l' attendaient , tout se fait vite pour ne pas bloquer trop longtemps la route , il y a des gros cartons d'oeufs , les caisses ne semblent pas trop abîmées . Dans la descente , il y a un camion dont les freins ont du lâcher , après s' être ralenti contre la paroi de la falaise , il a fini tout droit sa course dans le remblai qui était important dans le virage , Impressionnant, ils sont trois autour du camion encastré dans la butte , quelques métres plus loin c'était une autre histoire , chanceux. Nous passons San Pablo la Laguna , il pleut quand nous arrivons à San Pedro , Les derniers kilomètres sont un véritable Bourbier... San Pedro est construit à flanc de montagne , les rues sont faites pour y circuler à pied , pentues , étroites , elles ont du charme , le bus se fraie son chemin dans les méandres des rues.Terminus au croisement de deux rues .Nous sommes 3 pour descendre le vélo , le temps de tout mettre à l'abri de la pluie , je ne retrouve plus l'européen ; il a filé , bon tant pis pour la causette ! Je demande un hôtel , on me donne le San Francisco , je m'y rends , 30 Quetzales , 3 € , j'y suis j'y reste , c'est pas le Ritz, que je ne connais pas non plus d'ailleurs . Surprise 3 américains sont là aussi , on bavarde un peu, je descends jusqu'à l'embarcadère qui est sous les eaux , sur la gauche un bel hôtel les pieds dans l'eau , je m'y rend, en chemin , je croise à nouveau une européenne, nous nous saluons en anglais , elle me lance un mot en français , je dois toujours avoir le même accent catastrophique , Laurence est canadienne de Montréal , elle est la directrice de l'hôtel "les pieds dans l'eau" , mariée à un maya , une petite fille de quelques mois Rita elle me donne les réponses à mes questions : San Pedro est le Saint Tropez du Guatemala, une très importante communauté d'étrangers ;le coût de la vie y est plus que bon marché , pour les consommateurs la Gangea doit se trouver facilement et pour pas grand chose , le soir c'est la fête dans des établissements tenus par des italiens, israéliens, anglais, américains, les baba cools viennent passer quelques mois dans ce coin tranquille sans violence. La municipalité ferme les yeux , l'argent rentre .Pourquoi les maisons dans l'eau , la saison des pluies ? non , l'eau monte et descend sur des cycles de 20 ans , là elle est très haute. Laurence me conseille d'aller dans la rue commerçante tenue par los gringos, je suis sur le cul, je n'ai jamais vu autant de visages pâles depuis les US.
Je rêve , incroyable atmosphère d'un lieu perdu , je pensais arriver seul "blanc" dans mon petit village au bord de l'eau, je me retrouve au milieu de mes semblables , incroyable lieu où deux cultures se côtoient sans vraiment se rencontrer , chacun doit y trouver son compte. Je me balade toute la journée , c'est pour moi un lieu très exotique , que pensent les gens du village d'en haut du zoo d'en bas ! Je discute avec un Israël des conditions pour prendre un commerce ici , en fait , les étrangers louent les boutiques. Je rentre au San Francisco , j'ai une petite terrasse privative devant ma chambre, nous sommes deux à cet étage ; Théodore mon voisin est un bulgare , il travaillait comme biologiste en Allemagne, il voyage depuis 2 ans en Amérique du Sud, il a visité tous les pays d'Amérique du Sud en long large et travers il remonte maintenant vers le nord ; parle couramment 4 langues et un peu le portugais, je pensais qu'il venait de débarquer de l'avion , tout propre sur lui , impeccable , méticuleux surprenant personnage !
Un peu plus tard deux personnes viennent lui rendre visite , je les laisse , j'ai cru entendre un mot français, je vais manger chez Magdalena , une petite gargotte à 20 mètres du San Francisco ; très bon , je reviendrai, Magdalena est gentille , elle veut du travail et veut bien prendre mon linge .En rentrant , Théodore est toujours là avec le couple , nous nous disons bonjour , ce sont des français , Florence et Elad , Florence est restée deux ans en Inde , rencontre son futur compagnon en Thaïlande , vont en Australie , ils ont Lou leur fille , partent ensuite en Nouvelle Calédonie où ils sont installés depuis 9 ans . On se sent tout petit face à ces deux destinées .Nous passons une excellente soirée tous les 5 , Lou leur adolescente est venue se joindre à nous. Nous finissons dans un petit restaurant san salvadorien pour goûter une pupusa , galette de maïs fourrée au fromage et rissolée, accompagnée d'une toute petite salade de choux et carottes , agréable met.Nous rentrons , chacun regagne son domicile. Ce matin douche et rasage dans ma nouvelle salle de bain, c'est pas terrible quant à la propreté , il y a une prise de courant entre la douche et le lavabo et toujours le fameux chauffe-eau électrique prêt à vous prendre la vie, la douche se fera à l'eau froide ou ne se fera pas.Je prends mon petit déjeuner chez Magdalena; je lui laisse mon tee-shirt blanc et mon short avec du cambouis de mon vélo .Je croise Elad , ils doivent aller au grand marché de Chichicastenango réputé dans la région pour la diversité des produits et des différents costumes des femmes qui y viennent .
Photos
1°chargement de Bicicleta sur le bus
2° des avocats prêt à partir
3°les bus qui vont partir à San Pedro, un pollueur à droite ....
4° 5°6°7°8°9° le marché du terminal
10°11° la rue des grossistes
12° incroyables bus !
13° 14°un prédicateur à chaque voyage
15° à tous les arrêts, des vendeurs ambulants proposent de la nourriture
16°un petit voisin de banquette sur les genoux de sa maman
17°la porte ouverte , les affaires des femmes qui reviennent du marché
18°19°une descente; le ravin me tend les bras
20°déchargement des produits du commerçant, le gros cartons :des oeufs!
21° ma chambre
22°23° le lac avec le quai en bois, 5 départs tous les jours pour Santiago La Laguna.Beaucoup plus rapide que le bus !
24° l'hôtel de Laurence devenu les pieds dans l'eau
25° 26° chambres sur le lac , les plus chères, chambres dur jardin
26°on voit encore les marchés qui allaient au jardin.
27° un des nombreux restaurants baba cools
28° la rue principale
29° le deuxième embarcadère pour Panajachel
30° l'extrémité nord de San Pedro
31° restaurant israélien
32° toujours la rue principale
33° restaurant chez Magdalena
34°"bienvenue dans ma maison "en Maya
35° Magdalena me mijote un bon repas
36°37° en cas de séisme ?
38° le parc central
39°
40°41° le marché
42°43°
44°au bon samaritain
45° une tête de Maya en profil. Ben si tourner votre ordinateur!
vendredi 26 septembre 2014
Quezaltenango San Pedro La Laguna 26 27 septembre
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Bonjour, superbe reportage belles photos et un récit ..... On s'y croirait merci Loic de nous faire voyager dans notre salon. On a presque envie de te rejoindre. Bonne route. Bises de nous 4. Isabelle.
RépondreSupprimerBonjour Isabelle ,
Supprimerle pays est tellement plein de contrastes qu 'il suffit de se pencher pour cueillir.....mais ton commentaire me va à ravir. Bises à vous 4 .loic
Salut Loïc, je confirme le commentaire ci dessus.
RépondreSupprimerTes photos de bus si colorés sont formidables, quelle journée inoubliable viens tu encore de passer.... Bonne route pour la suite, en deux ou quatre roues!!
A+
Olive
Salut Olivier.
SupprimerOui tu as raison , on ne s' ennuie pas de ce pays. Ici à San Pedro , la tranquillité et surtout ...Oasis sans voiture.
Bonne semaine .loic